Ottawa, 9 juin 2026 — La Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) prend acte de la publication de la nouvelle stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle du gouvernement du Canada, intitulée « L’IA pour tous », et appelle à une mise en œuvre pleinement inclusive du secteur culturel. Bien que certaines mesures envoient des signaux positifs, des préoccupations majeures demeurent sans réponse.
Une stratégie porteuse pour la culture francophone
La Fédération se réjouit de voir la culture, la langue française et les organismes communautaires explicitement reconnus comme des acteurs de l’avenir numérique du pays. La stratégie du gouvernement fédéral comporte plusieurs avancées encourageantes pour le secteur des arts et de la culture de la francophonie canadienne et acadienne. Elle reconnaît notamment l’importance de la littératie en intelligence artificielle, du soutien aux communautés francophones en situation minoritaire et du développement d’approches ouvertes et d’intérêt public.
Ces orientations rejoignent plusieurs recommandations défendues par la FCCF dans le cadre du Sommet national sur l’IA et la culture, de ses représentations auprès des instances fédérales ainsi que de sa stratégie numérique nationale Impulsion 2030. Portée par la FCCF et par son réseau, cette nouvelle stratégie vise à consolider, à outiller et à structurer l’action collective. Véritable force motrice, elle positionne le numérique en catalyseur de développement durable, de souveraineté culturelle, d’innovation, de résilience et de vitalité communautaire.
Des mesures qui envoient des signaux positifs
La FCCF s’intéresse particulièrement à la création d’une Initiative nationale de littératie en IA, au rôle de pôles d’apprentissage confié aux bibliothèques publiques et aux organismes communautaires, à l’annonce d’un Programme de technologie créative de 50 millions de dollars destiné aux créateur·trice·s canadien·ne·s, ainsi qu’aux engagements visant à renforcer la présence du français dans l’environnement numérique.
Ces mesures constituent des signaux positifs. Elles démontrent que le gouvernement reconnaît certains enjeux soulevés depuis plusieurs années par le milieu culturel. Toutefois, leur succès dépendra de la capacité des programmes annoncés à tenir compte des réalités propres aux organismes artistiques et culturels, notamment ceux qui œuvrent au sein des communautés francophones en situation minoritaire.
Des préoccupations qui demeurent sans réponse
À cet égard, plusieurs préoccupations majeures demeurent sans réponse. La FCCF constate avec inquiétude que la stratégie ne prévoit aucune mesure concrète pour encadrer l’utilisation des œuvres protégées par le droit d’auteur dans l’entraînement des systèmes d’intelligence artificielle générative. Pourtant, les principes d’autorisation, de rémunération et de transparence réclamés par les créateur·trice·s et défendus par la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC) sont essentiels à l’établissement d’un écosystème numérique juste et durable.
La Fédération observe également que les principaux investissements destinés à accélérer l’adoption de l’IA demeurent largement orientés vers les entreprises privées. Bien que les organismes sans but lucratif soient mentionnés à plusieurs reprises dans la stratégie, les mécanismes leur permettant d’accéder à un soutien comparable restent peu définis.
Enfin, la FCCF rappelle que la souveraineté numérique ne saurait se limiter aux infrastructures technologiques et à la capacité de calcul. Elle doit également garantir la préservation, la visibilité et le développement des expressions culturelles francophones dans l’environnement numérique. Cela passe notamment par une gouvernance adaptée des données culturelles, le renforcement de la découvrabilité des contenus francophones et la participation active des communautés au développement des technologies qui façonnent l’espace public numérique.
Un soutien actif à la mise en œuvre de la stratégie
La FCCF et son réseau entendent contribuer activement à la mise en œuvre de cette stratégie. L’intelligence artificielle représente une occasion importante de renforcer la vitalité culturelle, linguistique et économique des communautés francophones et acadienne. Dans cette optique, les investissements, les programmes et les mécanismes de gouvernance annoncés doivent se traduire par des mesures concrètes, accessibles et adaptées aux réalités du secteur culturel.
La Fédération culturelle canadienne-française
Depuis près de 50 ans, la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) est la voix politique du secteur artistique et culturel franco-canadien et acadien, qui emploie 36 100 personnes et génère plus de 6 milliards de dollars au PIB annuel du Canada. Basée à Ottawa, elle défend les intérêts de ses 22 membres, représentants de leur province, de leur territoire ou d’une discipline artistique. La FCCF est porteuse des grands projets PassepART, ImmersART, La ruchée, L’accélérateur TADA, La bande numérique et Culture d’entreprise.
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Source
Josiane Roulez
Directrice des communications externe – Plume Communication
Fédération culturelle canadienne-française
communications@fccf.ca










